dimanche 25 novembre 2007

Mon quotidien

O comme les sourires sont crispés dans cette mairie

Pourquoi cette femme a-t-elle des cernes rouges sous les yeux ?

Et cette autre dont le regard ressemble à celui d'une bête traquée

Quel message tentent-elles de transmettre au public de passage

N'entendez-vous pas le cri silencieux de ces agents angoissés

Un être humain leur fait vivre chaque jour un enfer, mais est-ce encore un humain ?

De vous à moi tout le monde dans le bourg connaît la situation

Mais nul n'ose ou ne sait comment agir, comment les défendre

Heureusement qu'elles sont solidaires et s'appuient l'une sur l'autre

Mais leurs forces diminuent chaque jour un peu plus

Elles ont pourtant une stratégie de défense bien élaborée

Ignorer l'être malfaisant, ne pas réagir à ses provocations

Et continuer à rire, à parler, à accueillir à bras ouverts tous ceux qui passent

Sans tenir compte de ses regards lourds de colère, de ses soupirs impatients

Ne pas prêter attention à ses jérémiades et ses critiques sur les autres

Oublier même jusqu'à cette présence dans votre dos, cette surveillance de tous les instants

Il peut fouiller dans leurs affaires, porter des jugements méchants sur les autres

Il faut qu'elles ferment leurs yeux et leurs oreilles à tant de méchanceté

Et pointer du temps sa lâcheté, car il est incapable d'affronter quelqu'un en face

C'est tellement plus aisé de monter les gens les uns contre les autres

Il est passé maître dans l'art de pourrir la vie quotidienne

Et que je te pique ta place pendant que tu es à l'accueil pour que tu restes ensuite plantée comme une cruche

Et que fouille dans tes affaires pour savoir ce que tu y caches ou pour trouver matière à critiquer ton travail

Et que je me serve dans ton tiroir de fourniture de façon à ce que tu n'aies plus de crayons pour travailler

Mais encore, ça, ce n'est rien, c'est leur quotidien, pas de quoi en faire un plat

N'ya-t-il rien de pire que de faire des allusions à des dysfonctionnements dans le service

De décréter une réunion le jour où l'agent syndiqué doit s'absenter, l'obligeant à le lui rappeler

Peut-être espérait-il ainsi la décourager et lui faire lâcher le morceau

Peine perdue, mon petit vieux, elle a tenu bon, la petite, même quand tu bougonnais

Et il a bien fallu que devant sa froide assurance tu recules et changes de jour

Les deux femmes l'ont senti déstabilisé, et même si leurs coeurs battaient la chamade elles étaient fières

Fières d'avoir pour une fois réussi à le contrer, sans colère et sans pleurs

Mais leurs nerfs a une nouvelle fois été mis à rude épreuve et la journée leur a paru bien longue

Malgré la maigre consolation de voir le maire lui aussi pris à partie par ce bonhomme invivable

Il n'y a que dans cette mairie que l'on voit un employé crier sur son patron sans aucun risque

On marche sur la tête, rien de va plus, et ça bout doucement dans tous les services

Usagers de cette administration, vous n'aimez guère non plus être reçu par ce type-là

Les agents voient la grimace que vous faites quand il apparaît dans le secrétariat

Vous n'appréciez guère quand il appelle les employés depuis son bureau comme on appelle des chiens

Continuez à plaisanter avec les deux femmes qui vous accueillent d'un pauvre sourire

Vous êtes leur soutien, leur béquille, leur raison de s'accrocher à leur travail

Avec leurs proches, leurs amis et tous ceux qui veulent bien les conseiller

Mais qu'aucun élu ou usager au courant de ces faits ne s'étonnent un jour de trouver portes closes,

C'est qu'elles auront craqué toutes les deux et d'un commun accord

2 commentaires:

Ambre Galbinus a dit…

Toujours sur le net, à ce que je vois.
J'ai suivi ta trace, d'après un très vieux blog, et j'ai atterri ici.
Je te souhaite une bonne année 2008.
Te souviens tu de moi ?
Ambre Galbinus, une ombre d'un passé pas si lointain, alors que tu navigais sur Poudlard l'école des créateurs. ^___^

Ambre Galbinus a dit…

J'ai remonté ta piste depuis un vieux blog et j'ai atterri ici.
Je te souhaite une bonne et heureuse année 2008.
Te souviens tu de moi ? Ambre Galbinus. Je viens d'un passé pas si lointain, lorsque tu navigais sur Poudlard l'école des créateurs.
A bientôt

Ambre